Si le chômage est un fléau social et le travail un bien enviable, comment se fait-il qu’en début de semaine tant de gens répondent à la question « Comment ça va ? » par « Ca va comme un lundi » ?
Si le chômage est un fléau social et le travail un bien enviable, comment se fait-il qu’en début de semaine tant de gens répondent à la question « Comment ça va ? » par « Ca va comme un lundi » ?
Rédigé à 19:18 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Si on regarde les choses avec un peu de recul, on s’aperçoit que ce n’est pas la campagne présidentielle qui fait le fond de notre actualité mais les seins. Les prothèses pip et les soutien-gorge Lejaby sont les mamelles de notre destin.* Un vieux fantasme d’ailleurs, Sully ne disait-il pas déjà « Labourage et pâturage sont les mamelles de la France. »
*Pour les jeunes générations, cf la chanson de Boby Lapointe : Avanie et framboise...
Rédigé à 23:02 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Ce soir François Hollande est déjà président. Quelle assurance subitement ! Je suis le meilleur clame-t-il à l’envi. Peut-être. Mais c’est oublier que Nicolas Sarkozy n’est pas encore en campagne.
Rédigé à 23:11 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Encore un pauvre comme les aime Hollande, Yannick Noah. De son propre aveu, il est en délicatesse avec le fisc français depuis bientôt vingt ans, quelques millions d’euros. Et voilà qu’il va condescendre à payer ce qu’il doit, ou ce qu’il devrait, car sa dette n’est d’après lui pas encore avérée. Le sieur déclare par ailleurs qu’il est un citoyen comme les autres. Moi, si j’avais un problème avec les impôts, je doute que leur patience dure deux décennies. Et quelle bonne volonté, avouez, de la personnalité paraît-il préférée des Français ! Chacun jugera en effet de son patriotisme, lui qui a jadis déclaré vouloir se casser à l’étranger si Sarkozy était élu. Quel démocrate ! Qu’espère-t-il ? Un secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports. Ca serait bien trouvé pour un type qui s’est déclaré pour le dopage et la libéralisation du cannabis.
Rédigé à 19:29 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
François Hollande propose, s’il est président de la République, de porter le plafond du livret A à 30 000 €. Fort bien. Mais venant d’un homme qui hait les riches, cette mesure m’étonne. Doit-on comprendre qu’un compte de 30 000 € est une épargne de pauvre ? Ou est-ce parce que M. Hollande aime les pauvres qu’il leur souhaite d’amasser au moins 30 000 € ?
Rédigé à 18:18 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
J’ai acheté récemment un grand couteau de cuisine japonais. Couper avec cet instrument est un vrai bonheur, une sensation nouvelle. Mais pour garder son tranchant, la lame doit être repassée sur une pierre spéciale (hors de prix) que j’acquiers aujourd’hui. Coup d’œil au mode d’emploi. La version française recommande de laisser tremper la pierre deux à trois heures dans l’eau avant de s’en servir. Ca fait long. Je consulte le texte anglais, puis l’allemand. La durée n’est plus que de trois à cinq minutes. Mystère des traductions automatiques.
Rédigé à 18:43 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
La CGT défilait cet après-midi boulevard Haussmann. Plutôt clairsemé, le cortège. Mais enfin c’était une bonne occasion de sortir le matériel, notamment les camionnettes surmontées d’un ballon façon montgolfière. Les camarades bavardaient en marchant tandis que les chefs s’époumonaient dans leur haut-parleur appelant au grand soir avec une conviction inébranlable. Et touchante.
Rédigé à 19:16 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Mes chers administrés, cette année encore nous sommes réunis dans la salle des fêtes de notre bien-aimé village de Monfermeil-sur-Lice pour partager la galette de l’amitié. Nous avons déjà eu l’occasion tous de nous croiser sur nos petites routes rurales depuis le début de l’année mais je voudrais à cette occasion renouveler mes vœux de bonne santé et de prospérité à tous les habitants. L’occasion m’est aussi donnée de faire le point sur la situation exemplaire de notre commune. A commencer par la rétrospective des projets à venir. Je veux parler bien sûr de la maison de retraite, tant attendue par la famille de cette vieille bique, pardon de cette chère biche, de Marie-Do Duprat. Comme c’est notre seule ancienne pour l’instant, le projet restera encore quelque temps à l’état d’ébauche. Je suis sûr que tous les Duprat sauront faire preuve à son égard de la patience légendaire qui est la leur. A l’autre bout de la vie, le conseil a décidé d’organiser une fois par semaine une halte-garderie qui sera ouverte de 18 à 19 h tous les lundis et qui devrait bien soulager les jeunes mères de leurs morveux braillards, pardon de leurs petits lascars en sucre. Nous avons également décidé de créer un emploi aidé de cantonnier qui sera tenu par Adrien, notre fainéant municipal, qui se cache là-bas derrière la grosse Joséphine. Toujours timide, hein, Adrien ! Il sera notamment chargé de ramasser les papiers gras abandonnés par les randonneurs qui gîtent dans vos chambres d’hôte. Je vous rassure tout de suite, cette embauche ne vous coûtera pas un sou. Adrien touchera le rsa et sera couvert ainsi que son épouse et leurs dix enfants par la cmu. Vous le voyez, mes chers concitoyens, Monfermeil-sur-Lice sait faire face aux défis de demain. Allez, buvons à la stabilité et à la continuité communales et vive le roi !
Et blablabla, et blablabla.
Rédigé à 20:40 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Les laboratoires BioTrial recrutaient la semaine dernière par voie publicitaire et radiophonique des cobayes pour tester leurs médicaments pour diabétiques. L’expérience est rémunérée : 1 200 €. Je n’ai vraiment pas de pot. Parmi toutes les maladies que je collectionne, pas l’ombre d’un diabète. Douze cents euros, ça m’aurait quand même intéressée. C’est vraiment pas juste.
Rédigé à 19:13 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Ah, le cachotier ! Selon « Le Monde », Richard Descoings, directeur de l'Institut d'études politiques de Paris, toucherait un salaire de 40 000 € par mois, soit pas loin de 500 000 € par an. Personnellement, je n’ai rien contre les hauts salaires s’ils correspondent à une prestation réelle et si leur montant est conforme aux principes moraux affichés par le bénéficiaire. Mais là, venant d’un type qui nous a fait croire qu’il n’avait en tête que la promotion des talents neuftroisiens, ça fait vraiment beaucoup, même si on ne nous précise pas s’il s’agit de net ou de brut. D’autant que, par ailleurs, les frais de scolarité ont été, au grand dam des élèves et surtout de leurs parents, fortement augmentés sous prétexte qu’il fallait bien faire venir et retenir des professeurs de qualité. Mais chacun sait que charité bien ordonnée commence par soi-même.
Rédigé à 22:32 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)
Sur le quai du métro deux Noirs, pardon deux blacks, font brailler leur radio sur de la musique techno. Un vacarme épouvantable et difficilement supportable. Je m’approche : « Bonjour Messieurs, est-ce qu’il serait possible de baisser le son, s’il vous plaît. » Instantanément ils mettent leur appareil en sourdine. Ils ne vont pas l’éteindre quand même, il ne faut pas exagérer. Mais enfin, l’espace est tout à fait vivable. Les autres voyageurs qui avaient visiblement souffert du boucan paraissent subitement soulagés. Mais leur figure se ferme lorsque je lance : « Eh bien, il suffit de demander. » Mes deux lascars se marrent.
Rédigé à 20:48 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Le quotient familial rend 2,8 millions de foyers non imposables. Il est donc faux de dire comme le font allègrement les journalistes trentenaires sans enfants qui tiennent nos ondes que le coefficient familial ne s’applique pas aux familles non imposables. En revanche, il n’apporte rien aux gens qui s’ils n’avaient pas d’enfants seraient sous le seuil d’imposition. Mais je crois savoir qu’il existe un impôt sur le revenu à l’envers : je connais des personnes qui touchent à ce titre un chèque du Trésor public. En fait, on a perdu le concept de la redistribution horizontale : après guerre pour favoriser les naissances (ou au moins ne pas les décourager) on a institué des dispositions fiscales et sociales destinées à limiter les différences de niveau de vie entre ménages avec ou sans enfants disposant de revenus analogues.
Rédigé à 19:34 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Ouais, de toute façon, vous en avez rien à foutre de moi. C’est pour ça que vous voulez me mettre en pension.
Ouais, de toute façon vous en avez rien à foutre de moi. C’est pour ça que vous ne voulez pas que j’aille en pension.
Rédigé à 20:48 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
J’ai eu toutes les peines du monde à trouver en plein Paris un endroit où faire faire des photos d’identité. Tous les photomatons ont disparu. Celui du métro, celui du Monoprix, celui de la poste. Et avec eux bien sûr les modèles qui me laissaient déjà perplexe quand j’étais enfant : les amoureux enlacés qui s’étaient empilés sur le siège pivotant, le fier à bras qui montrait ses muscles (il avait dû se déshabiller pour se prendre en photo mais où donc avait-il suspendu ses vêtements ?), les bébés dans les bras de leur mère. Toutes scènes hautement improbables à mes yeux juvéniles destinées à étendre l'utilisation des boîtes au-delà de la seule prise de photos officielles. Aujourd’hui à Paris on n’en est plus aux fantasmes. Quand on a dégotté un photographe qui fait le boulot on peut s’estimer heureux, à n’importe quel prix : sept euros pour six photos ou huit euros pour huit photos. Comme me l’a aimablement fait remarquer l’homme de l’art, cela dépend de si on a ou non un fan-club. J’ai choisi la formule à sept euros.
Rédigé à 21:16 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Rien qu’au titre, vous vous êtes dit « Tiens, Grain de poivre se lâche ». En effet, on se libère de toute obligation ou prohibition, on choisit son lieu et son moment, puis on s’installe commodément dans un large et confortable fauteuil. La lumière s’éteint. Subitement on est ailleurs pour une heure et demie. Eh oui, tout ce temps. Et on se laisse prendre par des images, des fantasmes, une action, un rythme. Quand on émerge, le monde est décalé. On sort du cinéma.
Rédigé à 18:44 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
La raffinerie Pétroplus, société suisse, cesse son activité faute d’argent. Ils n'ont pas de banque en Suisse ?
Rédigé à 18:29 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Il s’agit bien de l’Ecureuil chez qui j’allais retirer quelques noisettes. Après enquête, l’employée m’a expliqué que ces documents étaient réclamés dans le cadre de la mise à jour annuelle des « dossiers clients ». Elle était pénalisée si elle ne les réunissait pas. Entre nous, je me demande comment un salarié de la Caisse d’épargne, organisme hautement sécurisé et verrouillé par les syndicats canal historique, peut être sanctionné. Je suppose aussi que ces vérifications sont justifiées par la lutte contre le blanchiment d’argent sale qui passe, comme le fait remarquer Dominique, généralement par les livrets populaires et non par les caves des cités de banlieue.
Rédigé à 22:42 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Cela fait près de quarante ans que j’ai un livret à la Caisse d’épargne du quartier. Aussi ai-je été franchement stupéfaite (voir ma note d’avant-hier) de me voir demander ma carte d’identité (normal), un justificatif de domicile et un justificatif d’activité économique. Oui, vous avez bien lu, un justificatif d’activité économique. La jeune et jolie guichetière m’explique que ça peut être un bulletin de salaire, un relevé de Pôle emploi, un avis de retraite, etc. Et si je n’ai pas d’activité économique ? Eh bien, c’est simple, il suffit de remplir un formulaire en inscrivant néant dans la case ad hoc. Mais dans quel pays sommes-nous pour devoir fournir ce genre de document ?
Rédigé à 22:44 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
J’aurais adoré être une riche héritière, comme dans les romans de gare. Hélas, c’est encore un avatar qui me sera refusé. Refusé ou épargné ? Car dans ces romans et même dans la vie, les riches héritières sont souvent assassinées ou placées sous tutelle.
Rédigé à 19:21 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Vous êtes-vous déjà demandé la différence qu’il y avait entre stupéfait et stupéfié ? Eh bien, c’est très simple. Le premier est un adjectif qualificatif, le second un participe passé. Quand au sens il est quasiment le même : frappé de stupeur. Mais stupéfait ou stupéfié, on n’en devient pas nécessairement stupide.
Rédigé à 18:49 dans langue française | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
C’est la coutume : je souhaite à tous mes fidèles lecteurs une bonne et heureuse année 2012. En cette période de crise, de beaux esprits s’interrogent : est-il encore tolérable que l’on dépense tant de temps et d’argent en pots de Nouvel an ? Ne ferait-on pas mieux de donner l’équivalent aux Restos du cœur ? Quelle bande de pisse-vinaigre ! Supprimer les vœux et leur tralala c’est comme renoncer au défilé du 14 Juillet. Même si tout le monde sait bien que les souhaits se heurteront à la dure réalité de la vie quotidienne, politique, économique et mondialisée, ils permettent l’espace d’un instant de rêver à une vie pavée de pétales de rose. Et ça, ça ne coûte pas bien cher.
Rédigé à 23:27 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
C’est la trêve des confiseurs, c’est la trêve des meuniers à poivre. Rendez-vous début 2012. Et, d’ici-là, bonnes fêtes, hein !
Rédigé à 19:05 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
La semaine dernière, Le Parisien s’émouvait de ce que de nombreuses familles devraient cette année tirer un trait sur les sports d’hiver. Les vacances à la neige sont en effet un impératif existentiel. Un reportage de M6 ou de W9, peu importe, signalait récemment que certains enfants (d’origine modeste selon mon délit de faciès) n’auraient pas comme d’habitude trois ou quatre cadeaux de la part de leurs parents ou au contraire les auraient tout de même malgré la dureté des temps. Lorsque j’étais enfant, le cadeau de Noël de mes petites camarades de l’école du coin consistait généralement en un vêtement neuf (chaussures, manteau, etc.). Quant à moi, je trouvais un présent dans mes souliers. Je me souviens parfaitement d’une paire de patins à roulettes et d’un jeu de construction. La commande faisait l’objet de semaines d’hésitations, d’éliminations, de sélections. Pas question de se tromper. Cela se passait dans le courant de ce qu’on a appelé par la suite Les trente glorieuses.
Rédigé à 18:29 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Le gouvernement serait paraît-il résigné à la perte du triple A. Bonne manœuvre. Si le triple A est perdu avant les élections, les Français s’y seront habitués et ça ne sera pas pénalisant. Si le triple A est conservé, NS pourra s’en prévaloir pour justifier sa politique passée et future. Idem de toutes les autres mauvaises nouvelles. C’est le moment ou jamais.
Rédigé à 19:52 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Et voilà Chirac qui fait pchitt. Deux ans avec sursis, dites-donc ! Ca fait mal. Enfin, personne ne pourra dire que la justice est aux ordres. Avec un peu de chance, le syndicat de la magistrature arrêtera de nous bassiner avec le respect de l’indépendance des juges.
Rédigé à 17:13 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Les syndicats, comme d’habitude mais sauf le Sgen-CFDT, sont contre le projet d’évaluation des professeurs. On risquerait sans doute d’admettre que certains sont nuls et ça, c’est vraiment discriminant et pas gentil. Pas un instant, nos syndiqués ne pensent que les bons aimeraient bien, eux, être évalués. Histoire de voir leur compétence reconnue et, peut-être, récompensée.
Rédigé à 19:19 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Alors que les derniers scrutins ont montré que nos concitoyens se détournaient des urnes, certains prônent le vote des étrangers. C’est bizarre cette manie de réclamer des trucs dont plus grand monde n’est preneur. Prenez le mariage, par exemple. Les homos et les curés veulent convoler au moment où les civils ordinaires préfèrent vivre à la colle.
Rédigé à 19:05 dans On nous prend vraiment pour des | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Un type monte dans le wagon de métro avec deux chiennes de style labrador. Je les sais parce qu’il leur a dit « Alors, on monte, les filles ! » (ce qui dans un autre contexte aurait pu prêter à confusion). Et il déclame son baratin, il accepte les tickets-restaurant, les petits billets de dix euros, les cigarettes, les tickets de métro. Alors qu’il commence à s’avancer parmi les passagers, à l’autre bout du wagon, un autre homme, suité cette fois-ci d’un berger (ou d’une bergère) allemand, annonce qu’il accepte les tickets-restaurant, les petits billets de dix euros, les cigarettes… Et voilà les deux compères qui s’aperçoivent qu’ils sont en train de se marcher sur les pieds : « Mais pourquoi t’es monté dans le même wagon ? » Et de descendre fissa et ensemble à la station suivante. La prochaine fois ils feront gaffe.
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Rédigé à 19:14 dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Les récents rapports qui tournent autour des comités d’entreprise montrent à quel point l’argent y est facile. Il est vrai que les tentations sont grandes. J’ai été secrétaire d’un comité d’entreprise (CFTC) pendant deux ans (durée normale d’un mandat) et les réflexes de mes co-élus m’ont éclairée. Non qu’ils soient malhonnêtes mais quand même ça serait dommage que tout ce fric ne serve à rien. Le CE reçoit deux dotations de la direction. Une pour les œuvres sociales (médiathèque, colonies de vacances pour les enfants, voyages pour les parents, généralement par l’intermédiaire de l’incontournable centrale d’achat de la CGT, aides ponctuelles diverses, arbres de Noël, pot de Nouvel an, etc.) La seconde dotation est dite de fonctionnement. Elle sert à financer ce qui est nécessaire à la bonne marche du comité : mobilier de bureau, crayons, gommes, taille-crayons, ordinateurs, logiciels, comptable, menus plaisirs (gueuleton de fin d’année des membres par exemple) et éventuellement salariés. Il est très facile de pomper dans cette dotation si tout le monde est sur cette ligne. Personnellement, j’ai empêché de tourner en rond mes petits camarades des syndicats concurrents qui avaient pris des habitudes lors des précédents mandats. Pas grand-chose au demeurant mais des trucs pas très nets que ces démocrates vertueux n’auraient pas manqué de dénoncer bruyamment s’ils avaient été commis par le camp d’en-face. Au début, mon rigorisme a été mal pris mais par la suite ils s’y sont faits. Mais la direction, direz-vous, à qui on doit présenter les comptes ne peut-elle dénoncer les dérives ? Alors là, vous êtes comme moi au début un grand naïf. Le CE est un espace de liberté totale laissé aux syndicats. La direction ne veut surtout pas s’en mêler. Le délit d’entrave la guette, c’est en tout cas ce qu’elle prétend. Tout au plus proteste-t-elle quand les comptes sont en retard. Elle achète ainsi une sorte de trêve sociale. D’ailleurs, la collusion clandestine des deux parties, syndicats et direction, dans le dos des salariés d’une boîte est le B A BA de la politique en entreprise. Dans ces conditions on comprend pourquoi personne n’a envie de voir des paquets de linge sale étalés sur la place publique. Ni les syndicats, ni le patronat, ni les élus de la République. Et pourquoi toutes les affaires qui touchent sporadiquement les comités d’entreprise sont enterrées.
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